Amzat Boukari-Yabara est historien et président de la Ligue Panafricaine UMOJA. Il est l’auteur de Africa Unite! Une histoire du panafricanisme publié chez La Découverte ; de Walter Rodney, un historien engagé chez Présence Africaine, Nigeria et Mali aux éditions DeBoeck. Il est co-auteur et directeur de L’empire qui ne veut pas mourir : une histoire de la Françafrique paru au Seuil, ainsi que de Le panafricanisme en questions : relire Nkrumah et Fanon pour le XXIe siècle, à paraître aux Presses universitaires de la Méditerranée.
Par Annabelle BERTHIAUME et Ousmane THIAM – En raison de ta double posture de chercheur puis de militant panafricain, nous avions envie de prendre le temps d’explorer quelques-unes des tensions inhérentes à l’organisation politique, notamment sur la question décoloniale, mais pas exclusivement. C’est donc le fil rouge qui relie les questions de notre entretien aujourd’hui. Pour commencer, pourrais-tu nous définir le panafricanisme et ses caractéristiques ?
Par Amzat Boukari-Yaraba –
Le panafricanisme, est un mouvement qui existe aussi bien au Nord qu’au Sud, et qui découle notamment de la vision de Kwame Nkrumah, constitue dans le cadre d’un Bandung du Nord, un outil ou une piste pour construire nos luttes de manière solidaire. La réalité politique concrète est l’existence en Afrique de luttes frontales avec le néocolonialisme et l’impérialisme avec la réémergence d’un panafricanisme de combat.
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